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Encourager la réparation, rapport Équiterre

Dernière mise à jour : 2 mars 2023

Équiterre recommande aux gouvernements d’appliquer des mesures d’écofiscalité pour réduire la facture d’une réparation. Il suggère, par exemple, la création d’un fonds qui servirait à offrir un rabais aux consommateurs au moment de payer pour régler une défectuosité.

Encourager la réparation, rapport Équiterre

Équiterre a présenté mardi un rapport de recherche se penchant sur les freins et les leviers à la réparation des AEE. Celui-ci contient les résultats d’un sondage réalisé auprès de 2080 personnes au pays en 2021. Il en ressort que le recours à la réparation a diminué par rapport à 2018. À cette époque, la proportion était de 22,7 %, selon l’enquête.


« Parmi les freins évoqués par les répondants, figurent la perception que les appareils sont de plus en plus irréparables et la difficulté d’avoir accès aux pièces et outils. »

Des réponses qui recoupent celles de la quarantaine de réparateurs interrogés au Québec et en Colombie-Britannique dans le cadre de l’étude. Ils ont aussi identifié comme obstacles les changements technologiques fréquents des appareils et la miniaturisation de certaines composantes.

Les consommateurs ont également pointé du doigt l’aspect financier : la réparation est considérée comme coûtant plus cher que le prix d’un appareil neuf.

Bénéfices économiques à réparer son appareil

Or, en plus des bénéfices sur le plan environnemental, prolonger la durée de vie d’un AEE peut s’avérer un choix économique, fait valoir Équiterre.

« Une étude américaine démontrait que le recours à la réparation peut réduire jusqu’à 22 % les dépenses des ménages pour les appareils électriques et électroniques. Et au Canada, ça représentait en moyenne 972 $ par année », mentionne Amélie Côté d'Équiterre à La Presse Canadienne.


Pour une consommation plus responsable des appareils


Équiterre les invite par ailleurs à concevoir des produits durables. La recherche indique que les appareils connaissent en moyenne un dysfonctionnement après 2,6 ans d’utilisation.

Les fabricants devraient également donner accès aux pièces et aux instructions pour remettre sur pied un AEE, ainsi que prioriser la réparation d’un produit sous garantie au lieu de son remplacement systématique.

Mais l’une des solutions clés pour s’assurer que les manufacturiers emboîtent le pas est un encadrement législatif du droit à la réparation, à l’instar d’autres États.

« En implantant, par exemple, un indice de durabilité qui nous donne de l’information à savoir si notre bien il est durable ou réparable, ça va inciter les fabricants à changer leurs manières de faire. C’est d’ailleurs ce qui a été observé en France », expose Mme Côté.

Le fédéral pourrait définir le droit à la réparation dans la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, en interdisant la conception et la mise en marché de produits irréparables.

Équiterre espère aussi que Québec relancera le projet de loi modifiant la Loi sur la protection du consommateur afin de lutter contre l’obsolescence programmée et faire valoir le droit à la réparation des biens.

Amélie Côté se montre confiante que la volonté politique sera au rendez-vous. « Je pense que tout le monde a des expériences d’appareils qui ont brisé, qu’ils auraient souhaité pouvoir réparer. Selon nous, c’est donc un enjeu transpartisan qui devrait aller rondement au niveau des modifications. »

En parallèle, la population a aussi son rôle à jouer. L’enquête fait état que 82 % des Canadiens avaient acheté un appareil électronique ou électroménager neuf à la suite d’un bris. La production d’AEE représente « des quantités faramineuses de ressources », soutient Mme Côté.

Équiterre croit que le public devrait privilégier l’achat d’AEE usagé et de bien entretenir ses appareils. Il mentionne que la cause du bris est souvent un mauvais ou un manque d’entretien de l’appareil, selon les réparateurs rencontrés au cours de l’étude.

La forte demande en ressources naturelles nécessaires à la production des appareils électroniques et électroménagers pourrait vider les réserves de certains minéraux critiques et stratégiques contenus dans nos AEE d’ici 2050, indique Équiterre dans son étude. On arrivera éventuellement à ces pénuries de matériaux [...], donc aussi bien agir dès maintenant plutôt que d’attendre de frapper un mur, estime Mme Côté.


Portrait de l'industrie de la réparation


Ce portrait de la réparation indique donc des pistes de solution claires pour prolonger la durée de vie des produits et repenser le modèle de consommation et de production pour un Québec sans gaspillage tourné vers l’économie circulaire.

Consultez les rapports dès aujourd’hui :

Que ce soit pour des raisons environnementales ou économiques, nous avons tous à gagner à prendre soin et réparer nos appareils pour prolonger leur durée de vie !


Comme critère d’achat, la réparabilité est importante pour près des trois quarts des personnes sondées (74,8 %), ce qui est plus élevé qu’au Canada (55,4 %)


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